Intégrés : Croissance et bénéfices pour Intel, Soitec et STMicroelectronics

10/05/2018
RENAISSANCE « Intel écrase tout », titrait un spécialiste des valeurs technologiques au lendemain de la publication des résultats du premier trimestre d’Intel. Certains avaient pourtant déjà enterré le groupe de Santa Clara, star du marché des PC (50 % des facturations).

Pourtant, les résultats livrés fin avril laissent penser que l’américain n’abandonnera pas sa couronne de sitôt. Intel est un integrated devices manufacturer : il conçoit, fabrique et commercialise ses puces. Il participe complètement à la course à la miniaturisation de la loi de Moore et investit pour cela environ 20 % de son chiffre d’affaires par an en R&D et un peu plus dans ses usines (14,5 milliards de dollars cette année).


RÉORIENTATION
Face à un marché des PC en déclin, mais qui apporte encore rentabilité et trésorerie, Intel s’est développé dans les centres de données et d’autres marchés naissants, comme la mobilité, l’automobile ou l’intelligence artificielle. Et cela paye.

Après un premier trimestre nettement supérieur aux attentes, il s’est permis de relever ses prévisions pour l’ensemble de l’année, avec un chiffre d’affaires attendu à 67,5 milliards de dollars, contre 65 milliards auparavant, soit une croissance honorable de 7,5 %, avec une marge d’exploitation d’environ 30 % ! La forte demande dans tous les marchés couverts par les puces pour centres de données du groupe (serveurs d’entreprise, cloud ou réseaux) devrait ainsi tirer la croissance de ses nouvelles activités, tandis que les anciennes, les PC-centric, devraient finalement rester stables. C’est toujours cela. Nous avions pris une partie de nos bénéfices récemment sur Intel (INTC), mais, au vu de perspectives relevées et d’un PER d’à peine 13 fois 2018, nous redevenons acheteurs.

C’est aussi une histoire de réorientation qui a permis au groupe franco-italien STMicroelectronics de retrouver du charme aux yeux des marchés et de belles performances financières. Lui aussi conçoit et fabrique, en partie au moins, puisqu’il sous-traite aussi pour plus de flexibilité économique.


AUTOMOBILE ET MOBILITÉ

Certes, STMicroelectronics n’est plus dans le Top 10 mondial, mais, après des années difficiles dans les smartphones (avec Nokia) ou les décodeurs, le groupe a mis l’accent sur les produits pour l’automobile et l’Internet des objets pour un grand nombre de clients, avec succès. Et si certains lui reprochent d’être une ou deux générations technologiques derrière Intel, il a su se placer, bien avant tout le monde, sur d’autres produits, comme les composants pour smartphones, ce qui ouvre la voie à la réalité augmentée, voire virtuelle. Et la croissance retrouvée s’est bien traduite dans les bénéfices, qui ont bondi l’an dernier. Le premier trimestre a rassuré quant aux perspectives du groupe, qui fait état d’une demande toujours forte.

Enfin, plus petit mais pas moins spectaculaire, Soitec, le spécialiste du silicium sur isolant, a enfin trouvé sa voie après un recentrage sur l’électronique grand public. Sa technologie offrant une faible consommation à un coût faible a trouvé preneur avec les objets mobiles et est aujourd’hui inscrite dans la feuille de route de production de grands noms du secteur, comme Globalfoundries. Soitec s’est également offert le luxe de relever ses ambitions pour 2018, après des performances 2017 au-delà des attentes. La valeur est la plus forte progression du secteur sur trois ans. Nous restons acheteur de STMicro­electronics (STM), dont le PER de 18 fois 2018 reste accessible, tandis que nous avons conseillé de prendre une partie de ses bénéfices sur Soitec (SOI), qui s’échange 29 fois 2018.

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